Rayonnements ultra-violets
Un article de Atlas de dermatologie professionnelle.
Devant une éruption cutanée apparue au décours d'une exposition solaire ou aux UV artificiels, il faut d'abord évoquer et rechercher une photosensibilisation exogène surtout si l'installation a été brutale avec des antécédents de bonne tolérance solaire auparavant.
L'exposition professionnelle aux UV du rayonnement solaire affecte principalement les travailleurs de plein air, agriculteurs, forestiers,jardiniers, gardiens de parc,personnel du BTP, professionnels de sports (skis, voile, piscine...).
Mais il existe d'autres sources artificielles d'UV: essentiellement la soudure à l'arc, mais aussi les lampes germicides de stérilisation, lampes actiniques de séchage, tubes à lumière noire de controle qualité, appareils de photothérapie, cabines de bronzage.Les professionnels exposés aux UV artificiels sont surtout les soudeurs à l'arc, les chaudronniers, et les imprimeurs.
L'exposition aux UV peut entrainer des photosensibilisations. Attention également à la prescription de médicaments photosensibilisants chez les sujets exposés professionnellement aux UV ( travail en plein air , sources artificielles d'UV) du fait du risque de déclenchement d'une photodermatose.
Les principales substances photosensibilisantes d'origine professionnelle sont
- les plantes, surtout la famille des Ombellifères ( céleri...), Rutaceae (citrons, bergamote).
-les goudrons et dérivés
-les médicaments:surtout les antibiotiques, les psychotropes, l'amiodarone, les psoralènes, les antimitotiques.
-les écrans solaires conseillés chez le personnel travaillant en plein air
-les produits à usage vétérinaire ( Olaquindox)
-les pesticides
-produits antibactériens.
Les rayonnements ultra-violets sont des agents cancérogènes impliqués dans l'apparition de cancers cutanés. Le rôle de l’exposition professionnelle varie suivant le type de cancers cutanés. Le principal facteur favorisant la survenue d’un carcinome épidermoïde d’une maladie de Bowen (MB) ou d’une kératose actinique (KA), est la dose cumulée d’UV, naturels ou artificiels, reçue au cours de la vie. Pour le carcinome baso-cellulaire (CBC) et le mélanome , la relation avec les UV est plus complexe.
Les principaux secteurs d’activité et professions concernés sont
- pour les UV naturels : le BTP, l’agriculture et les professions exposant à des travaux en plein air (mer, montagne…),
- pour les sources artificielles d’UV : soudeur à l’arc.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le document Photosensibilisation, cancers cutanés et exposition professionnelle aux ultraviolets sur le site www.dmt-prevention.fr, édité par l'INRS.
Phytophotodermatose aux citrons chez un agriculteur avec lésions bulleuses érosives ( mécanisme de phototoxicité du à la présence de furocoumarines dans de nombreuses plantes dont les citrons, famille des Rutaceae)(Photo Dr M Adnene Henchi et Dr Hichem Belhajali).
Multiples kératoses actiniques en voie de dégénérescence et dégénérées en carcinome épidermoïde du visage ainsi que volumineux carcinomes épidermoïdes du dos des mains chez un soudeur à l'arc de 75 ans.Le début de ses lésions est aproximativement celui de sa retraite à l'age de 65 ans.
Kératoses actiniques du visage chez un pépiniériste travaillant essentiellement en plein air et exposé aux UV (photo © Dr Crépy MN APHP).
Kératoses actiniques du visage chez un ancien souffleur de verre exposé aux UV (photo © Dr Crépy MN APHP).
Carcinome basocellulaire chez un agriculteur (photo Dr Hichem Belhajali).
Carcinome basocellulaire chez un agriculteur (photo Dr Hichem Belhajali).
Carcinome épidermoïde chez un agriculteur (photo Dr Hichem Belhajali).
Photoallergie à un écran solaire.
Erythème du visage chez un grutier au phototype clair.
Phototoxicité due à la prise de tétracyclines per os.
Photoallergie aux phénothiazines
Phototoxicité de la créosote utilisée pour les traverses de chemin de fer.









